Voix du Nord : Valenciennes à visages découverts
Pendant trois jours, Jean-Noël Reichel s’est attaché à fixer les divesités culturelles du Valenciennois. En juin, ses œuvres seront exposées au festival des Transphotographiques.
L’idée a tout de suite séduit Samira. Photographier la diversité culturelle à Valenciennes ? « On m’a abordé au marché pour m’en parler… J’étais hésitante au départ, et même assez méfiante. Mais ce qui m’ poussé, c’est cet intérêt porté aux personnes d’origine étrangère, cette idée de montrer la diversité de la France. » Cette Valenciennoise de 33 ans, d’origine marocaine, s’est donc retrouvée, jeudi dernier, devant l’objectif de Jean-Noël Reichel. Pendant trois jours la semaine dernière, le photographe a ainsi rencontré une trentaine de personne d’origines diverses, habitant toutes le Valenciennois Le résultat sera exposé au musée des Beaux-Art de Valenciennes, dans le cadre du festival des Trans photographiques.
Un visage multiculturel
Tout est parti d’un travail que Jean-Noël Reichel avait déjà effectué à Paris. « On m’avait demandé de réaliser des photographies pour exprimer les nomades, explique-t-il. Mais je n’ai pas eu à aller très loin, j’ai rencontré toutes les couleur du monde au coin de ma rue… » À la suite de ce travail, les organisateurs du festival des Transphotographiques lui en commandent un nouveau, afin de montrer le visage multiculturel de Valenciennes. « ldentités », un projet né dans l’atelier du photographe à Paris, se transporte donc à Valenciennes.
Pour les organisateurs, il s’agit donc de recruter des modèles. Au début, ils se rapprochent des associations du Valenciennois qui interviennent auprès des déférentes communautés. puis des institutions comme les mairies, les consulats… Mais le contact par téléphone est difficile. « Les associations ne se sentaient pas vraiment concernées », explique Marc Veyland, qui fait partie de l’équipe organisatrice du festival. « Nous avons alors décidé de démarcher les gens sur place », ajoute le jeune homme. Et c’est dans les marchés que les organisateurs ont les meilleurs contacts. «La relation était bien plus aisée », souligne Marc. Et les réactions ? « Soit les gens étaient intrigués et intéressés, soit ils ne comprenaient pas la démarche… »
Par le biais de l’association Denkagu, les organisateurs se rapprochent de la communauté japonaise et, avec l’aide d’une autre association valenciennoise, rencontrent des personnes en situation «plus ou moins régulière », détaille Marc Veyland. La semaine dernière, mardi, mercredi et jeudi, ils étaient donc plus d’une trentaine à passer par l’espace Pier Paolo Pasolini. « Certains sont venus seuls, d’autres, comme les Japonais, en groupe, ça permet aussi de garder une bonne ambiance », explique une des organisatrices. Samira, quant à elle, est venue vêtue d’une robe marocaine. « On m’a dit que je pouvais m’habiller comme je le souhaitais pour la prise de vue, je me suis dit ‘pourquoi pas–– », sourit-elle.
« Un véritable travail à faire »
Pour chacun des participants, deux photographies ont été prises : la première, de la main, et la deuxième, de profil. « Tout est dans la main, si on sait la lire, explique Jean-Noël Reichel. Quant au profil, c’est une partie de nous qu’on no voit pas, une partie qui reste mystérieuse : on ne pourrait la voir sans la photographier I » Et là aussi, au travers des mains, des diversités culturelles s’expriment, comme cette femme qui a décidé de venir les paumes ornées de dessins au henné. « Valenciennes, ce sont des Valenciennois, mais c’est aussi bien plus que cela, souligne le photographe. On regarde l’autre comme étant l’autre’, non pas avec ce qu’il peut apporter, mais avec ses différences. Et là, il y a un véritable travail à faire… »

