Voix du Nord : Les vies invisibles de Leticia Valverdes
Une remarquable exposition de photographies à l’ancien cinéma Novéac jusqu’au 5 juin
« Mélanger la fantaisie et la réalité pour montrer ce qui est presque invisible, ce qui est sous la peau » : c’est ce que montrent les photographies des filles de la rue du Brésil par Leticia Valverdes. Cette jeune photographe brésilienne expose jusqu’au 5 juin ses Vies invisibles » dans la salle de l’ancien cinéma Novéac, place d’Armes. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre des Transphotographiques, festival dedié à la photographie créé par Olivier Spillebout. Cette deuxième édition a pour trait d’union les Femmes photographes. Cette année, elle s’étend à toute la région Nord – Pas-de-Calais et même au-delà de la frontière.
Cet événement culturel d’envergure organisé en partenariat avec la municipalité permet de découvrir le travail exceptionnel de Leticia Valverdes. Prix du Sunday Times en 1999, élue jeune photographe de l’année par Nikon, Leticia Valverdes a pour projet de mettre en valeur par le biais de la photo des femmes marginales oubliées.
Belles et désespérées
En noir et blanc puis en couleurs, les images traitent des filles des rues brésiliennes qui passent leurs vies à se déguiser en garçons pour éviter les abus sexuels. Dans le monde dangereux de la rue, les preuves d’identité physique n’existent pas. Avec un miroir, des belles robes et du maquillage, Leticia Valverdes instaure un dialogue, cr4e un climat de confiance avec elles. « Le simple fait de les habiller comme si elles étaient leurs propres mères, comme si elles avaient des mères, suffit à les transformer, à leur rendre une dignité. Placées dans un environnement sécurisé, ces adolescentes ont éprouvé leur désir d’être féminines, d’être admirées. J’ai appris trois choses sur leurs personnalités : elles sont belles, talentueuses et fières », explique l’artiste. « Ces orphelines se sentaient anxieuses à l’idée d’être fixées sur la pellicule. C’est comme si elles étaient désespérées de montrer juste une preuve physique de leur existence dans un monde qui essaie de les ignorer », poursuit-elle. Un regard, un corps qui cherche la pause, des mains… L’objectif de Leticia Valverdes capte ces moments d’intimité et de vérité où ces enfants se libèrent des contraintes de la vie. Lors du vernissage, Patrick Roussiès a remis la médaille Antoine-Watteau à cette porte-parole photographique des filles des rues du Brésil.

