Ex-directrice photo du magazine Vogue, Véronique Damagnez tient une brasserie à Foncquevillers
Comment, l’ex-directrice de la photo de Vogue a-t-elle atterri à Foncquevillers ?
Parce que j’y suis née, tout simplement ! J’y ai passé une enfance heureuse et libre, de l’école communale au collège de Pas-en-Artois jusqu’au lycée de filles d’Arras. Mon père qui est décédé le 14 juillet, à 90 ans, vivait ici. Dans la maison et à côté de la brasserie qui avait été créée par son grand-père. C’était la brasserie Chevy Degruson. Il y avait dix-huit chevaux pour livrer la bière et, à l’époque, on comptait douze estaminets dans le village. Ensuite je suis partie étudier l’anglais et l’allemand à Lille, je voulais devenir interprète.
Mais finalement vous êtes tombée dans le monde de l’image ?
Je suis partie à New York. Le concours d’interprète de l’ONU était trop fort pour moi mais je suis restée un an avant de rentrer à Paris. Après ce fut Londres où j’ai rencontré un photographe, Derek Henderson, qui travaillait pour l’agence World Press. De retour à Paris, je suis devenue son agent. J’allais dans les rédactions, à « Paris Match » avec mon carton de photos… Finalement, le magazine « Elle » m’a proposé de passer de l’autre côté.Éliane Victor m’a chargée de la partie reportage du magazine. Sept ans plus tard, c’est Axel Ganz, de Prisma Press, qui me débauchait pour un « news hebdo » qui, finalement, est devenu « Voici ». Je me suis enfuie en courant ! J’ai poursuivi ma carrière à « Vogue » où je suis restée quinze ans.
Et maintenant, retour à vos origines ?
J’ai découvert à Coulommiers, près de Paris, un lieu d’exposition animé par deux artistes très en pointe. C’était un vieux moulin aménagé… Cela a été un déclic. Je me suis dit : moi aussi, je peux faire quelque chose dans ma petite brasserie qui roupille. C’est ainsi que j’ai monté cette exposition autour du lieu avec les Transphotographiques. Mais j’ai aussi voulu associer le village : je ne suis pas la Parisienne qui débarque. Cet été, trente-quatre enfants du centre aéré sont venus participer à un atelier et j’ai envie de développer les contacts avec des ados. Je veux transmettre, donner l’envie de l’art.

