Voix du Nord : Transphotographiques creuse son sillon
Cinquième édition du festival, entre paysages humains et couleurs intimes de la région
La nouvelle mouture de Transphotographiques a été dopée par l’effet Lille 2004, le programme de Jean-Luc Monterosso et une ambition croissante. Le festival n’a plus grand-chose à prouver pour devenir un rendez-vous incontournable des photographes, dans le même esprit que les Rencontres d’Arles et Voies off, leur version parallèle. Ces dernières sont d’ailleurs partenaires de leur homologue nordiste. « Hors circuits », la programmation officielle du festival, conçue par Anne de Mondenard, décline les visions de treize photographes sur le territoire, entre paysages humains, état des lieux communs, espaces de-serrés et couleurs intimes, du 25 mai au 25 juin.
Raymond Depardon, fondateur de l’agence Gamma, acteur majeur du photojournalisme et cinéaste, présentera son travail sur le Nord. Répondant à une commande du conseil régional, il a fixe des images de ce que nos yeux habitués ne voient plus.
Les ailleurs du off
Olivier Spillebout, fondateur et directeur du festival, le répète : « Le off n’est pas le parent pauvre de l’officiel. » Pour preuve, deux semaines avant l’ouverture de son grand frère, le off, qui compte une large cinquantaine d’artistes, a démarré à Arras, ce vendredi, avec le vernissage de l’exposition itinérante du Chinois Wang Qingsong. Pour de l’officieux, ce lancement est extraordinairement fidèle à la thématique officielle. Le territoire du photographe est largement influencé par l’esthétique pop et la consommation à l’occidentale.
A Roubaix, Fabrice Croizé évoque le mariage ; à Valenciennes, Patrick Rimond scrute les visages ; à Lens, Franck Bernhard explore les espaces variés du Nord ; à Calais, Christine Mathieu fixe l’esthétique de ses objets et Gildas Lepetit-Castel regarde sa Belgique. Justement dans ce pays voisin, à Courtrai, Kimiko Yoshida montre la naissance d’une geisha. Parcours à suivre.
Pi. M.

