Nord Éclair : Les Transphotographiques c’est parti !
Exquis festival où les grands photographes (Lindbergh, Banier…) côtoient les amateurs experts pour donner le reflet de la photographie moderne. Avec 40 lieux d’exposition dans la région et 80 artistes, cette 3e édition des Transphotographiques est devenue un grand rendez-vous culturel.
Chandail gris sur chemise blanche au col ouvert, Peter Lindbergh, en bon parrain, a donné hier soir au Palais des Beaux-Arts le coup d’envoi de la troisième édition des Transphotographiques. Quarante lieux d’exposition, concentrés sur Lille, mais également à Arras, Calais, Valenciennes, Nœux-les-Mines, et aussi Courtrai et Tournai (B). Plus de 80 photographes représentés. Après seulement trois années d’existence, le festival atteint lentement mais sûrement l’âge de la maturité.
Quoi qu’il en soit, le programme concocté cette année présente une fois de plus une diversité impressionnante d’artistes. Avec ses stars (Lindbergh, Banier, Ascolini, Noguès), ses pointures régionales (Sam Belles, Eric Le Brun) et ses dizaines d’amateurs experts -ils composent plus du quart des expositions, à qui le festival offre une marche vers la reconnaissance. Et comme de coutume, tous les genres sont représentés : du reportage -avec notamment cette année une thématique sur la Palestine- à la photo de mode, en passant par des travaux plus originaux (la folie vue par Ascolini, les portraits géants de Banier). C’est d’ailleurs dans cette dernière catégorie que l’on retrouvera les 25 photos réalisées sur commande par Antoine Catarino, et rassemblées sous le titre Froids, gris… couleurs, à la galerie Matisse du centre Euralille. Des clichés réunis par trois pour composer des formats panoramiques, et aux couleurs détournées, livrant une vision à la fois décalée et atypique de Lille. Mais la photographie, historiquement, fut avant tout un moyen de témoigner. Illustration, au musée de l’Hospice Comtesse de Lille, avec cette collection de photos réalisées par François Kollar, sur les mines dans les années 30. Sur l’une d’elles, on aperçoit une gueule noire, casque vissé sur la tète, embrasser affectueusement son enfant dans le cou. Image éternelle. Magie de la photographie.
Les principales expositions à Lille et ailleurs
- Au musée des Beaux-Arts, Peter Lindbergh. Quelques 200 clichés (noir & blanc) de l’un des plus grands photographes de mode vivant.
- A l’Institut d’études politiques de Lille (74, rue de Trévise). Véronique Vercheval et Tessa Polak présentent leurs photos sur la Palestine. Dans la plus pure tradition du reportage (Noir & blanc).
- A l’Hôtel de ville de Lille. Aunes travaux sur la Palestine, à travers le regard d’Olivier Thébaud, qui a réalisé six voyages sur place entre 1997 et 2002. Sur le mème thème, une longue série de clichés de plusieurs photographes, rassemblés sous le titre Palestine, d’un monde à l’outre. III Dans la croie de Notre-Dame-de-la-Treille. A ne pas manquer. C’est la première fois, depuis la rénovation de la cathédrale, que l’endroit est ouvert ai public. Un lieu idéal pour découvrir les immenses portraits de François-Marie Bander, connu également comme écrivain. On y trouvera également l’impressionnant fonds Barry Lutin, rassemblant des photographies de Walker Evans, Berenice Abbott, Mappelthorpe, Lewis Hine et bien d’autres. III Au Palais Rihour, à Lille. « Une incertaine folie », vue par Vasco Ascolini. Une exploration trouble et inquiétante de la condition humaine, à travers des images glanées dans ce que l’auteur appel « les hôpitaux de l’horreur ».
■ A l’Espace Matisse, centre Euralille. La ville de Lille, vue et interprétée par un jeune espoir de la photographie française, Antoine Catarino, lauréat de la bourse à la création 2002, attribuée dans le cadre des Transphotographiques.
Ill A l’église Saint-Maurice de Lille. Une rétrospective d’un grand nom du photojournalisme, Alain Noguès (photo ci-dessus), qui a vécu les aventures des agences de presse Reporters Associés, Gamma, et qui a été cofondateur de l’agence Sygma, en 1973. Les photos présentées couvrent quatre décennies, de 1960 à nos jours.
III A la mairie de Ronchin. Sébastien Godéré a pu vivre à La Havane chez l’habitant pendant plusieurs mois, en 1992 et 1993. Il en a rapporté des images du quotidien des Cubains.

